NBA - Pourquoi le "all in" des New York Knicks risque de ne pas suffire

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Déterminés à retrouver les sommets après avoir atteint les demi-finale de Conférence l'an dernier, les New York Knicks ont agité le marché des transferts pendant l'intersaison. Les nouvelles recrues Karl-Anthony Towns et Mikal Bridges sont susceptibles de les faire passer dans une autre dimension. Mais le pari reste risqué pour la franchise de Manhattan.

Karl-Anthony Towns et Jalen Brunson (New York Knicks), le 13 octobre 2024.

Crédit: Getty Images

Jalen Brunson et ses coéquipiers ont réussi un exploit qui pouvait sembler impensable : ils ont redonné de l’espoir aux supporters fanatiques, dévoués mais aussi désespérés depuis des années par leurs Knicks chéris. Le cœur de la ville de New York bat au rythme de celui de son équipe mythique. Et ça faisait longtemps que ces passionnés de basket n’avaient pas vécu autant d’émotions. La bande de Tom Thibodeau a décroché 50 victoires l’an passé, une première depuis 2013. Cela faisait aussi 25 ans que la franchise n’avait pas enchaîné deux qualifications de suite pour les demi-finales de Conférence à l’Est. Les dirigeants en sont arrivés à la conclusion qu’il était temps de passer la vitesse supérieure et de viser ouvertement les sommets. C’est pourquoi ils ont mis en place deux transferts massifs pour faire venir Mikal Bridges au début de l’été, puis Karl-Anthony Towns juste avant la reprise.
L’arrivée de Bridges devait déjà faire basculer les Knicks dans une autre dimension. Joueur important des Suns lors du parcours menant jusqu’aux finales NBA en 2021, devenu star d’une formation des Nets bancale, l’ailier végétait à Brooklyn en regardant avec envie ses anciens camarades de fac s’éclater à New York. Le front office a sacrifié quatre tours de draft non protégés – le tarif habituellement réservé aux superstars – pour lui permettre de rejoindre Brunson, Josh Hart et Donte DiVincenzo, ceux avec lesquels il a remporté un titre universitaire avec Villanova. Mais l’organisation ne s’est pas arrêtée là.
La blessure de Mitchell Robinson, absent pour les premiers mois de la saison, l’a poussé à faire preuve d’encore plus d’ambitions. Soucieux de trouver un nouveau pivot, Le management a carrément rameuté l’un des meilleurs joueurs de la ligue sur la position en recrutant Towns. Julius Randle, DiVincenzo et un nouveau choix à la draft ont été sacrifiés pour faire venir l’intérieur plusieurs fois All-Star.

Towns, une vraie deuxième star au côté de Brunson

Cela faisait un moment que les Knicks s’intéressaient à la star de Minnesota, elle-même originaire du New Jersey. Leon Rose, qui préside aujourd’hui la franchise, représentait les intérêts du jeune homme à son arrivée en NBA. Ce n’est donc pas une surprise de le retrouver à New York, même si le timing du deal, juste avant le début des camps d’entraînement, interpelle. N’empêche que sur le papier, l’association entre Jalen Brunson et Karl-Anthony Towns est alléchante. Le premier choix de la draft 2015 est un partenaire de choix pour le meneur de poche, cinquième du vote pour le MVP l’an passé. Les Knicks ont mis la main sur une menace offensive qui culmine à 23 points de moyenne depuis le début de sa carrière, le tout à 40% à trois-points.
"KAT" va créer des espaces que Brunson n’a encore jamais connu sur un terrain. Sa présence donne une toute autre dimension à l’attaque new-yorkaise, en plus d’un axe "1-5" redoutable. Les deux stars vont pouvoir combiner sur pick-and-roll et pick-and-pop pour mettre à mal les défenses adverses. D’ailleurs, en parlant de défense, ce même combo meneur-pivot montrera probablement des limites de ce côté du terrain. Mais ils sont justement entourés de trois ailiers très polyvalents et réputés pour leurs qualités défensives avec Hart, Bridges et OG Anunoby. Ce cinq majeur est potentiellement l’un des plus costauds de la ligue.
Il n’y a pas trop de doute sur le fait que les Knicks ont récupéré le meilleur joueur échangé en négociant avec les Timberwolves. Avec Towns et Bridges, ils sont certainement plus talentueux que l’an dernier, quand ils ont atteint les demi-finales de Conférence malgré un effectif décimé par les blessures. Et pourtant, c’est quand même encore trop tôt pour affirmer haut et fort qu’ils ont fait le(s) bon(s) choix pendant l’intersaison. L’affaire comporte son lot de risques, avec une forte pression mise sur le pivot de 28 ans. Pression qu’il n’a pas toujours su assumer dans son petit cocon à Minneapolis. Pression qui sera décuplée à New York, où les journalistes et les fans ne font pas dans la demi-mesure.

Une équipe plus forte... mais pas encore au niveau des principaux favoris ?

Une très grande partie du succès des Knicks ne dépendra pas vraiment du talent – indéniable – du chat, mais plutôt de sa personnalité et de son état d’esprit. C’est d’ailleurs sa mentalité qui l’a mené au clash, et à plusieurs reprises, avec Tom Thibodeau quand ce dernier coachait encore les Wolves. L’entraîneur a sans doute validé le transfert et il est donc prêt à travailler à nouveau avec lui. Il va retrouver un homme changé, plus mature qu’à l’époque de leur première collaboration. C’est important. Primordial même. Towns va devoir se greffer à un projet déjà en place. Peut-il vraiment le faire ? Peut-il s’intégrer pleinement à un groupe même si son profil ne colle pas forcément avec la culture très rugueuse et combative mise en place à New York ?
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Tom Thibodeau, coach des New York Knicks, contre Milwaukee en NBA le 30 novembre 2022

Crédit: Getty Images

Après tout, il a déjà su s’adapter à Minnesota en passant du statut de superstar à celui de deuxième lame derrière Anthony Edwards. Ses premiers mots laissent penser qu’il vient avec l’intention de se fondre dans le moule : "Brunson et ses partenaires ont construit quelque chose de spécial. Je suis là pour aider et être le meilleur coéquipier possible." L’avantage, c’est qu’il y a à New York des caractères suffisamment forts pour le remettre à sa place et lui dire les choses comme elles sont si nécessaire. C’est peut-être même ce dont il a le plus besoin depuis le début de sa carrière. Il y a donc des raisons d’être optimistes.
Mais jusqu’à un certain point. L’escouade new-yorkaise est potentiellement plus forte que l’an dernier. Son plafond théorique – le mot est important – est plus élevé. Elle a tout de même perdu des joueurs majeurs comme Isaiah Hartenstein et Donte DiVincenzo, en plus de Julius Randle, qui pesait aussi pour 20 points par match. La rotation est très légère dans la raquette dans l’attente d’un éventuel retour de Robinson, joueur à l’état de santé constamment incertain. Il y a très peu de profondeur de banc.
Ce n’est pas forcément un problème pour Thibodeau, qui aime laisser longuement ses cadres sur le parquet. Mais ça devient compliqué au moindre pépin physique. Et par définition, les basketteurs qui jouent beaucoup ont plus de chance d’être fatigués et/ou blessés. Surtout même après avoir hypothéqué une belle brochette de choix de draft tout en prenant en charge l'un des contrats les plus lourds de la ligue, les Knicks ne sont pas forcément au niveau des Celtics sur la ligne de départ. Ni même meilleurs que les Sixers. Et ça, c'est juste en restant à l'Est. La franchise a ouvert sa fenêtre de tir et elle a maintenant deux à trois ans pour aller chercher sa première bague depuis 1973. Le compte à rebours a officiellement commencé dans la grosse pomme.
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